• Connecter les liens hypertextes une fois la publication faite sur les articles

  • Faire les présentations

    • Votre ville au 13e siècle​

    • Pont du Gard

    • Uzès centre ancien

  • Revoir les liens

  • Revoir les conditions tarifaires (tarif forfaitaire a bout d'un certain nombre de participants payants)

  • Etc.

  • Lien vers programmation juillet 2020

  • Lien vers programmation aout 2020

Tarif

préférentiel

dès le 11e participant.

ABOUT ME
CONTACT
ABOUT ME
CONTACT
QUIEN SOY ?
CONTACTO

Bonjour et Bienvenu pour ce nouveau podcast consacré à la collégiale saint Sauveur de Grignan.

Je vous propose aujourd’hui de visiter avec moi cette église majestueuse qui fait partie des premiers monuments que l’on aperçoit lorsque vous arrivez à Grignan depuis la route de Montélimar et qu’au bout du virage final le village se découvre à vous pour la première fois. Mais avant de nous attarder sur le bâtiment en lui-même, laisser moi vous raconter les origines de son histoire.

Tout commence avec un homme appelé Gaucher Adhémar. Il fut le seigneur de Grignan dans la 2e moitié du 15e siècle et a fait partie de l’entourage du futur roi Louis XI en tant qu’échanson quand ses intrigues contre son père le roi Charles VII l’ont mené à s’exiler auprès du duc de Bourgogne, Philippe le Bon.  Ce fameux Gaucher va faire un très bon mariage. Lors de ce séjour en Bourgogne , il rencontre un certain Nicolas de Monfort , duc de Termoli et comte de Campobasso dans le royaume de Naples. Ses engagements politiques l’avaient forcé à s’exiler hors de ce même royaume, chassé par la maison d’Aragon. En 1479, Gaucher épouse la fille de Nicolas de Montfort, Diane. Il en retire de nouveaux revenus qui vont lui permettre de redresser les finances de la maison des Adhémar dont l’appauvrissement était constant depuis plus d'un siècle. Il permettra en outre à son fils Louis d’hériter par la suite des titres et revenus du duché de Termoli et du comté de Campobasso.

A la fin du 15e siècle, la baronnie de Grignan possède donc un seigneur à la puissance notamment économique fortement redorée. Cela va lui permettre d’entreprendre de grands travaux qui seront l’occasion d’affirmer ses nouvelles prétentions.  C’est lui qui va initier les profondes transformations du château médiéval pour le mener vers le magnifique château Renaissant que l’on connait aujourd’hui.  Parallèlement, il décide en de fonder un collège de prêtre. Cela signifie qu’il va le doter un communauté de 11 prêtres de moyens financiers de sorte qu’ils opèrent des services divins et des cérémonies liturgiques en son nom. C’est une attitude assez typique de cette période. Nombreux furent les nobles entre 1450 et 1550 à fonder des collèges de prêtres dans un élan à la fois de piété et de vanité. Il s’agit en effet à la fois de démontrer sa grande piété pour son propre salut et de manifester sa richesse en montrant ainsi sa capacité à entretenir financièrement cette communauté. La collégiale ainsi dotée devient en outre le lieu de sépulture de la famille seigneurial.

Dans un premier temps cette communauté s’installe dans l’église paroissiale Saint Jean-Baptiste. Cette église se trouvait de l’autre côté du village mais a malheureusement disparu à la fin du 16e siècle victime des destructions des guerres de religion. A l’époque qui nous concerne elle se trouvait dans un des quartiers les plus anciens du village dont la densité empêchait toute velléité de transformation et d’agrandissement afin d’accueillir dans de bonnes conditions les chanoines. Aussi, Louis, fils de Gaucher décide-t-il de construire une toute nouvelle église pour donner à la maison de Grignan une église collégiale à la hauteur de ses nouvelles aspirations politiques. [Introduire un texte sur Louis Adhémar et ses fonctions auprès de F1]

Mais cela ne se fait pas en un claquement de doigt. Pour qu’une église devienne collégiale il faut demander l’autorisation du pape. Et c’est là que l’on voit le poids de cette famille qui obtient en a peine plus de 30 ans le titre par deux fois. D’abord pour l’ancienne église saint JB en 1515 puis pour cette nouvelle en 1539.

Regardez maintenant cette façade, qui est certainement une des meilleurs illustrations de cette volonté d’affirmation de sa puissance ! C’est effectivement une église massive pour un monument qui ne doit pas servir d’église paroissiale a l’origine. Et un des meilleurs symbole de cette puissance réside certainement dans la prouesse technique que représentait son érection. Levez la tête sur votre gauche et observez attentivement le profil que forme le mur de soutènement du château. Vous remarquerez que non seulement nous sommes à flanc de rocher mais en outre l’orientation que ce dernier prend empiète allègrement sur l’emprise actuelle de l’église. En réalité, L’église est construite sur un terrain vierge de toute autre construction et il faudra commencer par creuser le rocher pour pouvoir libérer un espace suffisant afin d’élever l’église. On estime qu’originellement la moitié de l’espace occupé aujourd’hui par l’église était auparavant du rocher. Bien entendu cela supposa aussi d’aplanir préalablement le terrain.  Je pense que vous pouvez d’ores et déjà vous imaginez l’ampleur de la tâche. Eh bien imaginez-vous que l’on pense que l’essentiel de cette église fut élevé entre 1535 et 1542. Ce qui signifie qu’il ne fallut que 7 ans pour entamer une partie du rocher, préparer le terrain et élever la plus grande partie de cette église. On ne peut que supposer le nombre impressionnant d’ouvriers et d’artisans qui ont dû intervenir dans ce chantier !

Bien entendu, ce choix d’emplacement ne fut pas sans conséquence. L’église est par exemple accolée contre le rocher de sorte servir de renforcement en fonctionnant un peu comme un arc boutant. De même, la façade comporte deux tours mais une seule, celle de droite,  reçoit le clocher. La tour de gauche est en réalité pleine et a une fonction elle-aussi de contrefort déguisé.

Mais le plus beau coup de génie de cette église reste sans conteste ce toit terrasse qui la coiffe. Non seulement la couverture en terrasse constitue une nouveauté technique à l’époque mais il s’agit surtout d’une audace folle dans la France du 16e siècle !  Car une fois réalisée, il s’agira de pouvoir marcher sur le toit de la maison de Dieu. Chose pas aussi évidente que cela à l’époque. Pour pouvoir le faire, il faudra obtenir l’autorisation du pape. Et nouvelle preuve s’il était nécessaire de la puissance de cette famille, Louis l’obtiendra de la part du pape Paul III.

On en connait le principe du toit terrasse depuis le moyen-âge. Pourtant elle ne fut jamais appliquée à une telle superficie. Grignan fut certainement un des premiers exemples de couverture en terrasse de grande ampleur en France. Mais là où la plupart des autres exemples français connus du 16e siècle n’étaient que de simple terrasses légèrement en pente, Grignan quant à lui propose un système plus complexe. Le dallage qui couvre la terrasse du château est en fait non jointé. Ce qui permet l’infiltration de l’eau. Ce dernier repose sur une série de murets qui s’appuient sur la voute de l’église. Entre les murets les eaux d'infiltration sont récupérées par des travées à 2 pentes couvertes de tuiles rondes glaçurées qui par un système de cheneaux emporte l’eau d’infiltration vers les gargouille. Ces gargouilles sont les éléments finaux du réseau qui vont évacuer les eaux vers l’extérieur. Juste en dessous le toit terrasse, vous avez certainement remarqué ces ouvertures arrondies. Ce sont ce que l’on appelle des oculi. Ces ouvertures font le tour de l’édifice et ceux ouvrant sur la basse-cour du château permettaient l'accès au système pour son entretien.

Nous allons bientôt découvrir l’intérieur de l’église. Mais avant de passer la porte, jetez un coup d’œil sur le décor qui la surplombe. Vous y verrez un texte inscrit dans une rectangle appelé un cartouche. Ce cartouche indique qu’un certain Louis Gaucher a relevé cette église en 1654. Vers 1562, lors des guerres de religions, cette façade avait été très fortement dégradée. Louis Gaucher en profitera pour modifier légèrement la porte.

L’aspect global de la porte est inspiré d’un arc de triomphe romain. Sa disposition rappelle notamment celui d’Orange. On y retrouve en partie centrale un grand arc en plein-cintre c’est-à-dire en forme de ½ cercle correspondant au passage dans un arc de triomphe. Il repose sur de gros piliers carrés. Ce que l’on appelle des pilastres. De chaque côté de ce passage des colonnes viennent supporter un entablement et un tympan. L’entablement étant la frise rectangulaire allongée juste au-dessus des colonnes et le tympan étant la forme triangulaire qui coiffe l’ensemble. Vous avez ici beaucoup de vocabulaire qui font référence à l’antiquité et qui sont de ce fait typique du style a la mode au moment de la construction de l’église : le style Renaissance. Lorsque Louis Gaucher intervient, il refait entièrement les pilastres ainsi que les bases des colonnes. Par ailleurs, il se chargera de remonter la partie gauche de la porte qui était au sol. Puis, certainement de manière à remettre le portail au gout du 17e siècle, il va ajouter toute la partie qui se trouve sous l’arc en plein-cintre dans un style que l’on dit classique. Le style qui est de rigueur à son époque dans des châteaux comme le château de Versailles.  

Visites guidées en vallée du Rhône

disfrutar